Logements nés de l’insurrection ouvrière

atelie1851 – Construction de 86 logements rue Rochechouart à Paris.

Cette première cité ouvrière est construite par Napoléon III, premier Président de la République française élu au suffrage universel en décembre 1848, dernier monarque français. Il se fait aider par des philanthropes actionnaires de cet ouvrage discret aujourd’hui privatisé que sont les logements de la rue Rochechouart à Paris.

Cette réalisation est le prolongement d’un programme proposé par le Parlement du travail en 1848.

L’essentiel n’est pas à proprement parler le logement ; c’est d’abord pour Napoléon III une sorte de reconnaissance des ouvriers après la dure répression de juin 1848 et la suppression des ateliers nationaux ; c’est surtout le prolongement de ses réflexions menées lorsqu’il était incarcéré à la prison de Ham après sa tentative avortée de coup d’État. Elles ont été publiées en 1844 sous le titre « Extinction du paupérisme ».

Dans le concept de cette cité, la volonté du monarque de privilégier la salubrité et la modernité va s’exprimer. C’est l’objectif essentiel.

Les bénéficiaires de ces logements sont des ouvriers de l’usine à gaz pour l’éclairage de la ville de Paris très proche. Ainsi est réalisée l’adéquation trajet domicile/travail. Il y aura aussi des normes d’hygiène drastiques avec des équipements de conforts modernes (local de bains, lavoir, espace de séchage du linge) mais aussi l’accès aux soins avec la visite gratuite d’un médecin.

Le succès de cette opération sera mitigé, car en contrepartie de ces performances sociales et hygiéniques, un règlement strict est imposé aux habitants avec le contrôle effectif d’un inspecteur aux bonnes mœurs. L’excès de rigueur aura raison du confort.

Quinze ans après l’ingénieur Detain en a dit :

«Cet ensemble est satisfaisant au point de vue de la propreté générale et de la salubrité, mais son aspect rappelle trop la caserne, l’hôpital ou le cloître. »[

Clin d’œil sur les pratiques actuelles, le confort, l’hygiène, la performance du bâti, cela les habitations sociales actuelles connaissent bien ; de même la mise en adéquation éloignement loisirs/travail n’est pas étrangère à la réflexion des aménageurs modernes.

Le contrôle sur la conduite en « bon père de famille » des locataires a laissé la place à une pseudo confiance qui sert en réalité au développement d’un  laisser aller propice au sempiternel « c’est pas ma faute » ?

Les conséquences ?

Nous y viendrons, c’est un des essentiels de ce qui devrait être un bon fonctionnement de la vie en communauté.

Ainsi donc, sur le modèle du phalanstère imaginé et préconisé par Charles Fourier vers 1830, Napoléon III a voulu créer un lieu de vie décent, certes amputé des notions d’amusement et d’autosuffisance. Mais le temps était venu pour la création des familistères dont celui de Godin qui ne fera pas sienne la philosophie de Fourier qui voyait en la femme l’avenir de l’homme. En effet, l’idée de crèche vient de lui en appui à sa théorie des quatre mouvements dont « les progrès sociaux, écrit-il, s’opèrent en raison des progrès des femmes vers la liberté et les décadences d’ordre social en raison du décroissement de la liberté des femmes. »

Ce n’était pas à proprement parler du logement social, mais déjà une esquisse aboutie dans l’idée mais par trop teintée de main mise sur la vie des locataires, du paternalisme social.

(Texte soumis au copyright)

Un clin d’œil historique pour montrer que le concept de rationalisation habitat, travail, santé, loisirs est un souci vieux de près de 200 ans.

Logement, cadre de vie.

Si la majorité des français rêve d’un chez-soi avec un joli terrain et une piscine (chauffée pourquoi pas !), la plupart d’entre nous, pour diverses raisons vivent dans des logements collectifs.

Collectifs privés ou publics, sociaux ou pas.

Il est considéré que pour habiter un logement social, il faut être pauvre, mais avoir des revenus suffisants pour honorer son loyer. Montrer patte blanche au bailleur est parfois la quadrature du cercle quand les emplois se font rares ou les salaires de misère.

Nous pensions qu’était venue la fin des sans domicile fixe (SDF), avec la promesse du candidat Macron, mal nous en a pris c’était une promesse et comme chacun le sait, elle n’engage que ceux qui y ont cru…

Las, aujourd’hui, meurent dans la rue ces femmes et ces hommes que la solidarité n’a pas su protéger.

Je vais vous dire l’histoire de ce logement social venu de la fin du XIX siècle dans un concept qui s’est émoussé jusqu’à disparaître.

Et si un ministre mal inspiré à rugi que ce n’était pas la rue qui faisait la loi, il s’est trompé, c’est la rue qui a lancé le logement social.

tricot couleurUne longue Histoire, dont je vous conterai à partir de demain les principales étapes et vous livrerai en son temps un remède qui j’espère fera son chemin.

L’histoire aussi de ces femmes, de ces hommes et de ces enfants qui sont fiers d’être les habitants de ces logements parfois décriés.

Photo 2004 - non libre de droits

Avec le temps des expulsions, revient l’errance

expulsionCe n’est pas un poisson d’avril, c’est la désespérante saison des expulsions qui sont de nouveau autorisées.

C’est un non-sens inhumain qui va frapper aveuglément les familles dans des difficultés déjà insurmontables.

Bien sûr cela n’intéresse pas nos députés qui préfèrent pour l’une consacrer son temps à la promotion de tel ou tel lobby et pour l’autre applaudir des deux mains et voter pour l’assassinat des libertés d’expression en consacrant l’interdiction de dire la vérité sur des scandales internationaux.

En France, le logement n’est pas un droit déclaré, pourtant au fur et à mesure que le millefeuille des réglementations s’est enrichi pour en devenir même indigeste, il est un droit issu de la réglementation, « le logement pour tous ».

Une expression que les députés devraient combattre avec toute l’énergie qu’ils déploient quand il s’agit de faire des ronds de jambe auprès d’un ministre venu par exemple en urgence pour porter la bonne parole à la mode langue de bois. Ils devraient la combattre parce qu’elle est lamentablement réductrice. Il faut, il doit n’y avoir qu’un seul concept :

  Un logement décent pour tous.

Ce n’est pas une utopie, ce doit être l’objectif de tout homme politique.

Il n’y aurait pas les moyens ? Sans aucun doute que si, d’ailleurs Jupiter avait promis « plus une seule personne dehors fin décembre 2017 », alors forcément il avait appréhendé le problème et dessiné les solutions, et la cohorte de députés qui s’est jointe à lui ont évidemment embrassé cette promesse !

Ben non, Il et ils s’en moquent éperdument, la ronde infernale des expulsions va recommencer, empirer.

Une ronde qui en respectant finalement la réglementation conduira l’expulsé EN PRIORITÉ vers un nouveau logement, l’expulsion étant un critère d’urgence pour le relogement… alors d’une main le préfet expulse et selon la loi DALO, de l’autre il reloge !

Et pas un député pour bouger l’oreille et poser une question écrite ou orale au gouvernement sur ces process stupides et générateurs de souffrances, d’angoisses.

Allons Messieurs et Mesdames les députés si vous faisiez utile plutôt que d’échanger des jeux de mots stériles dans l’hémicycle…