Commerce : nier l’évidence…

La réunion du conseil municipal de ce 6 mars a été l’occasion pour le maire, selon une habitude pas vraiment vertueuse, mais historiquement répétée, de nier une évidence, celle qui s’est exprimée à travers des pétitions ainsi que des centaines d’observations dans le registre d’enquête du PLU.

Il aurait pu en prendre acte, et l’inscrire dans des démarches de progrès. Mais cette prise en compte n’est pas au programme. Cela, la surdité aux souhaits du citoyen, on ne le voit qu’à Lavaur et nulle part ailleurs (selon un tic verbal cher à Carayon, NDLR).

Une des questions de la nouvelle conseillère portait bien évidemment sur le commerce, le centre-ville. Là surprise ! Carayon a asséné que le commerce se portait bien et que ce n’étaient pas quelques fermetures qui pouvaient être le signe de difficultés pour les commerçants à Lavaur.

chevalier blanc1« La parole a été donnée à l’homme pour cacher sa pensée », ce propos attribué à Talleyrand et cité par Stendhal illustre à la perfection l’art que maîtrise si bien le maire bien qu’il ne soit pas un ancien de l’ENA : la langue de bois !

Qu’une nouvelle conseillère vienne tenter de la lui raboter est une espièglerie que n’a pas goûté notre monarque.

Pourtant le fait est là, patent ! Le centre-ville va à vau-l’eau sans parapet, sans guide et ce ne sont pas les flonflons du samedi dans la plaine du Plô qui vont y changer quelque chose.

Elle a bien raison Pauline Albuy-Pomponne, il y a urgence et si la situation est celle que nous connaissons, c’est bien parce que les tours de passe-passe du maire n’ont rien changé.

Qu’un adjoint, et pas des moindres : le premier, vienne passer une couche de stationnement en zone bleue et de nouveaux parkings en évoquant la nécessité de marcher 3 ou 5 minutes pour rejoindre le centre-ville est un argument stupide et peu en relation avec le problème, que le maire se vante de la gratuité des stationnements ce n’est pas non plus un argument recevable quand les chiffres d’affaires font grise mine et que les fins de mois ont des allures de liquidation de commerce.

Les clients changent, il faut porter clients et commerçants, les réunir avec les producteurs au sein de structures adaptées (les SCIC par exemple) dans lesquelles la commune serait partie prenante.

Des solutions, autres qu’un coup de peinture bleue sur des places de stationnement, sont à mettre en place en association avec les acteurs du commerce local, pour le défendre et le faire prospérer.

Cela est un véritable enjeu pour un maire, un vrai combat dans le cadre de la transition écologique, mais il est si vertueux que l’on s’étonnerait presque que Carayon n’y ait pas pensé. Et selon un autre de ses tics verbaux, ce serait historique qu’il se fasse le chevalier blanc de la reconquête du centre-ville par les commerçants…

Commerce : le maillon commerçant…

Il est très surprenant ce maillon commerçant et très divers. D’abord parce qu’il recouvre des réalités différentes, conséquence de la diversité de ses activités mais aussi parce qu’il est représenté par des postures très contrastées.

Il n’empêche qu’il est souvent fait l’amalgame commerce, commerçants alors que nous avons pu voir que le terme commerce englobe bien des activités et bien de postures en pleine mutation.

commercan1Il n’est pas de bon sens de mettre tout le monde dans le même sac.

Si ce sac est la survie du commerce en centre-ville de Lavaur, il est bien trop petit pour satisfaire tous les actes d’achat d’un citoyen.

Aussi il est utile de regarder le commerçant dans une géographie plus large et qui englobe les zones actuelles d’activités commerciales de notre ville .

Peut-il dans cette acception survivre ?

Mon avis est qu’il a sa place, toute sa place, une place privilégiée dans la modernisation de la vie, dans le dynamisme de la commune et dans la diversité de ses activités. Il peut être le moteur de l’évolution de l’acte d’achat, il ne doit pas être le frein.

On nous dit les dangers de Toulouse, de Castres, de gaillac… d’internet aussi. Ils existent et le meilleur rempart contre la fuite du chaland vers d’autres cieux soi-disant plus souriants, existe : c’est le commerçant !

Quelques anecdotes pour planter le décor de ce rempart.

Arrivée il y a 20 ans dans la région, ma famille décide de s’installer à Lavaur et ce n’étaient pas pour les beaux yeux du maire, simplement une conjoncture travail/domicile/transport/scolarité très favorable. Carayon venait aussi d’arriver et son modèle de gestion n’était pas encore connu !

En décidant de construire, nous avons choisi de le faire nous-même. Le gros œuvre était confié à des entreprises locales, restait le second œuvre… Nous l’avons fait avec nos petites mains plus habituées au stylo qu’à la truelle. Une aventure qui n’a pu être vécue et réussie que grâce aux commerçants de proximité.  Il nous a été vendu bien sûr matériaux et outils mais aussi et surtout nous avons rencontré des personnes qui avaient du métier de commerçants un sens aigu qui s’est traduit par des conseils en forme d’apprentissage. ils nous ont appris à souder, à poser du carrelage etc. J’ai le souvenir ému de Jacques et de sa patience, de tel ou tel autre fournisseur « conseilleur ». Je n’ai jamais imaginé aller chercher ailleurs pour moins cher ce que j’avais sur place avec le sourire et la compétence bienveillante pour quelques deniers de plus.

Mon propos n’est pas de faire de la pub, mais j’affirme avec force que cette richesse là, nous a permis de mener à bien notre construction.

Nous nous sommes équipé d’électroménager, en totalité sur Lavaur, plus cher ? Oui ne soyons pas hypocrite ! Mais quand la panne est là, le commerçant de proximité aussi et la réparation au bout du coup de fil, pas sur internet, pas à Toulouse ou autres. Et dans ce domaine également le conseil est une aide précieuse à l’installation.

J’ai acheté, pour mes petits déplacements, un scooter. Là encore, j’ai trouvé à Lavaur mon bonheur avec les conseils qui vont bien avec le sourire et la compréhension.

Pour vous dire que la posture, l’accueil du commerçant est bien le moteur de l’achat. On retrouve aujourd’hui dans la déconsommation, dans la démarche nouvelle du mieux plutôt que du beaucoup, ce besoin de conseil, d’écoute. Le commerçant a un vrai rôle à jouer, sa survie est dans ses mains.

Car l’expérience malheureuse est coin de la rue, et quand un commerçant à qui vous demander une pièce avec la référence que vous avez lue sur internet et que, à l’annonce du prix, déclare qu’il ne va pas se battre pour si peu… Je ne suis pas persuadé que le geste soit réellement le bon…

La mise en synergie de ces acteurs avec la connaissance pointue de leurs aspirations mais aussi de l’exigence de leur fonctionnement doit permettre d’atteindre une maturité de l’acte d’achat. Concilier les impératifs des clients, des producteurs et des commerçants, c’est une gageure à réussir.

Commerce : Producteur, un acteur essentiel de la transition écologique

Souvent le parent transparent, le producteur en matière d’achat récurrent détient une clé principale dans la recherche d’un commerce adapté aux nouvelles façons de consommer. Il est à l’origine de modifications de comportements, il porte la qualité à bout de bras. mais il est souvent ignoré parce que… exploité ou dédaigné par la grande distribution qui peine à le mettre sincèrement en avant, s’en servant comme alibi ou comme un « attire chaland » sans rien de construit derrière.

commerce producteur Pourtant c’est une erreur de le négliger. Se retrancher derrière on achète local des denrées qui ne sont que revendues localement et non produites localement est une mystification  qui a fait long feu.

Le client a reconnu les signes du local, celui dont l’empreinte carbone est la plus faible, parce que le transport est insignifiant.

Tel est l’enjeu du producteur local. L’enseigne qui affiche producteur et commerçant est une enseigne qui peut porter à confusion, certes elle a des contrats avec des producteurs sous son enseigne mais le produit voyage, il a un impact sur l’environnement. De surcroît, quand le producteur est mécontent, c’est la rupture de stock en  rayons (on se souvient du beurre il n’y a pas bien longtemps).

Aussi produire local, est un geste écologique, qui rejoint la volonté du consommateur. En atteignant la maturité de sa démarche le client va devoir affronter puis apprivoiser le manque… Il n’y aura plus de telle ou telle denrée parce que la production sera insuffisante, c’est aussi cela le respect de l’environnement : ne pas surproduire pour en disposer tout le temps et réduire le gaspillage.

Cet apprentissage sera, doit être facilité par le producteur qui saura trouver le créneau de substitution. Essayons avec le relai indispensable, le commerçant une gageure à la hauteur des enjeux énergétiques et écologique : produire et consommer local et de saison.

Commerce…

commerc commerçanNe nous y trompons pas, le commerce est la somme de trois éléments parfois opposés…

Il y a d’abord le consommateur, en effet sans lui pas de commerce, ensuite le producteur et sa caravane d’intermédiaires, et pour nous servir et nous conseiller, le commerçant.

Si à travers le Plan Local d’Urbanisme, il a été mis en avant les tribulations d’une municipalité qui a bafoué l’intérêt général pour des raisons bien mystérieuses ou que je préfère ne pas savoir, ce sont les commerçants qui se sont trouvés en première ligne, les commerçants du centre-ville qui pouvaient légitimement espérer que lors de l’application des récentes lois il serait fait juste mesure de leurs soucis de survivance.

Nous l’avons vu, avec quel mépris souverain, le problème a été traité a posteriori en organisant ou en faisant organiser des réunions d’informations. Simplement dire ce qui est prévu dans l’ignorance complète des souhaits des intéressés, les commerçants du centre-ville.

Mais que seraient les commerçants, les producteurs sans client ?

Peut-on imaginer un commerce sans chaland ? Comment finalement attirer le chaland, le fidéliser sans le manipuler ?

Le bien connaître est l’étape essentielle et le respecter dans ses multiples facettes…

On se retrouve demain pour dire ce que nous sommes, ce que nous sommes devenus et vers quoi nous nous dirigeons, nous les clients !