Logement social : les années 50

Elles seront riches en transformation, c’est l’après guerre…

Les années 1950

C’est d’abord une modification de l’appellation des logements sociaux, exit les HBM, le logement HLM est dès 1950 entré dans le vocabulaire commun.

Le transfert de la tutelle du logement social du ministère de la Santé au ministère de la Reconstruction et de l’urbanisme est une des raisons avancées pour ce changement de dénomination.

Dans la France en reconstruction, l’urgence est la construction et pour construire il faut loger la main d’œuvre, cette période voit le développement massif de logements en périphérie des grandes agglomérations, c’est l’époque des grandes barres HLM.

C’est aussi en 1953, la mise en place du 1 % logement. Il s’agit de la participation des employeurs. Cette participation leur permet de loger leurs employés dans des logements qui bénéficient de leur participation et des conditions de subventions et de prêts avantageux qui sont octroyés par l’État.

Ces années marquent une prise de conscience de la « France » qui semble découvrir l’existence de ses pauvres à travers l’appel émouvant de l’abbé Pierre quand, en 1954, il vole au secours de ce qu’il a appelé « les couches dehors ». À travers cet appel radiophonique, la misère s’impose dans l’esprit de tous. Tous ont côtoyé, croisé, regardé ces sans-abri, aucun n’a touché du doigt la faillite de la politique sociale.

Pourtant en 1954, au moment de cet appel, 90 % de logement sont sans douche, ni baignoire…, 75 % ne possède pas de W.C. Il manque au moins 4 millions de logements, aussi de nombreux jeunes vivent encore chez leurs parents. « Le Canard Enchainé » titrera « Au pouvoir l’abbé ».

Il ne prendra pas le pouvoir, mais le pouvoir l’entendra et sur l’ensemble du territoire seront construites des cités « Abbé Pierre » au confort rustique, certes mais constituées le plus souvent de logements individuels aux normes de salubrités et de constructions décentes pour l’époque.

Dès lors, l’État s’engage massivement dans l’effort de reconstruction. Pourtant aujourd’hui les mots de l’abbé Pierre résonnent comme une brûlante actualité et nous trouvons des élus pour se détourner du problème qui ne serait pas de la compétence municipale !

abbé piere« « Mes amis, au secours ! »

Une femme vient de mourir, gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l’avait expulsée. Chaque nuit, ils sont plus de deux milles recroquevillés sous le gel, à la rue, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu.

Devant tant d’horreur, les cités d’urgence, ce n’est même plus assez urgent. Écoutez-moi. En trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l’un au pied du Panthéon, rue de la Montagne Sainte-Geneviève, l’autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s’accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte des lieux où il y ait couverture, paille, soupe, et où on lise sous ce titre “Centre Fraternel de dépannage”, ces simples mots :

Toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprends espoir, ici,

on t’aime.”

La météo annonce un mois entier de gelées terribles. Tant que dure l’hiver, que ces centres subsistent. Devant leurs frères mourant de misère, une seule “opinion” doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure.

Je vous en prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela ! Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l’Ame commune de la France.

Merci ! »

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